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On se plaignait dès lors, en effet, que l'etc avait conçu le plan de son dictionnaire sous une forme trop frivole et trop peu savante; qu'elle n'y mettait que la langue de la conversation et du bel esprit, et nullement celle des sciences. c'était une idée d'encyclopédie qui tourmentait déjà quelques esprits, mais pour laquelle ni la langue ni l'etc n'étaient préparées. on en était au siècle de l'imagination, de l'éloquence, de cette parole expressive et heureuse, qui, dans la chaire chrétienne, dans les entretiens, dans les livres, au théâtre, donnait alors aux hommes les premiers et vifs plaisirs de l'esprit et du goût. les chefs-d'oeuvre de corneille avaient élevé la pensée française. tout ce qui savait lire et s'occupait de religion, avait dévoré les provinciales. les savants solitaires de port-royal communiquaient aux esprits quelque chose de la gravité de leur conscience et de leurs études. bientôt bossuet, le plus éloquent des hommes, parla sur un ton à la fois sublime et populaire, qui n'appartient qu'à lui. molière, boileau, racine, la fontaine trouvèrent la langue poétique. avant qu'on eût rassemblé les pierres de construction, les temples étaient debout.
Soit qu'elle l'observe et le saisisse dans les conversations et dans le commerce ordinaire de la vie, soit qu'elle le constate et le prenne dans les livres: familier, populaire même, dans le premier cas; propre à tous les genres de style, depuis le plus élevé jusqu'au plus simple, dans le second.
A sa naissance et long-temps après, l'etc françoise fut composée de trois espèces d'hommes, qui avoient assez peu de rapports les uns avec les autres, et qui, tous ensemble, n'en avoient pas beaucoup avec le travail d'un dictionnaire.
L'etc en bannissant de son dictionnaire les termes des arts & des sciences, n'a pas creu devoir estendre cette exclusion jusques sur ceux qui sont devenus fort communs, ou qui ayant passé dans le discours ordinaire, ont formé des façons de parler figurées; comme celles-cy, je luy ay porté une botte franche. ce jeune homme a pris l'essor, qui sont façons de parler tirées, l'une de l'art de l'escrime, l'autre de la fauconnerie. on en a usé de mesme à l'esgard des autres arts & de quelques expressions tant du style dogmatique, que de la pratique du palais ou des finances, parce qu'elles entrent quelquefois dans la conversation.
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